Un loisir comme un autre !

Silence


 

Il est cinq heures seulement.
Une heure déjà, c’est dément,
Que je ne dors plus.
Je ne rêve plus.
Il y a tant, trop de questions
Qui tournent et trottent dans ma tête.

L’horloge indifférente s’entête
A égrener ses petits pions.

Je m’habille et je sors.
Le vent frais du dehors
Me fouette et mord le visage,
Siffle et caresse le rivage.

Le jour se lève et le soleil
Pointe à l’horizon avec amertume.
Les vagues bondissent blanches d’écume,
A des hordes folles, pareilles,
Viennent avec fracas, s’élèvent
Et se déchirent sur la grève.
Un vol de goélands
Tournoyants et hurlants
Passe haut, par delà les dunes,
A cette heure rouges et brunes.

Que tous ces vacarmes m’agressent.
Mais rien ne me fait plus souffrir,
Rien n’est vraiment plus
Assourdissant,
Rien n’est vraiment plus
Tonitruant,
Et rien n’est réellement pire,
Que ce silence, ton silence.

Amour trop lourd,
Amour toujours.