Un loisir comme un autre !

Eternité


 

Depuis des jours et des jours,
Nous avancions sans détour
Droit vers la crête brune des dunes,
Côte à côte de soleil en lune.
Nous nous tenions la main,
Par besoin de soutient.

Le sable, sable infernal
Pénétrait tout,
Entrait en nous.
Ebréchant notre moral.

Nous fuyions tous deux,
Ce monde hideux,
Si ordonné et si imbu.
Non, nous ne voulions plus suivre,
La même route qu’Eux…
Et pourquoi donc, aurions-nous du,
Par simple obligation suivre,
La même route qu’Eux ?

Nous, si libres et si légers,
Alors qu’Eux, si prisonniers,
Si englués dans leurs préjugés.
Si sinistres qu’Ils sont à pleurer.

Nous traversions ce brûlant désert,
Suivis par des milliers d’yeux pervers.
Mais vers quelle destination ?
Pour quelle identique prison ?

Est-il une contrée,
Qui serait envoûtante, magique.
Une sorte d’Eden fantastique,
Où l’essentiel ne serait pas de paraître,
Mais où le primordial serait d’abord d’être.
De vivre d’équilibre,
De vivre, de vivre libre,
Sans besoin de cacher.

Où la morale serait notre morale,
Celle de ceux que l’on aime,
Non celle qui nous opprime,
Qu’Ils imposent plus par jalousie,
Que par foi. Plus par hypocrisie.
Vautrés dans ce qu’Ils croient être la normale !

Nous serions vraiment libres,
Véritablement libres.
Libres d’être enfin nous-même.
Libres d’aimer à l’extrême.
Libres de Nous aimer,
Rien qu’une Eternité.